Deux mondes différents : les entreprises du CAC 40 et les PME-TPE

Publié le par Patrice

Le sujet a déjà été abordé à plusieurs reprises sur ce blog ("Aimer et faire aimer l’entreprenariat" et "L’inquiétante hégémonie des géants"), il semble se profiler de plus en plus deux France bien distinctes de l’entreprise.

D’un côté, les entreprises à super profits annoncés par les résultats du CAC 40. L’unité de mesure de ces bénéfices est ici le milliard d’euros et cette progression ne cesse de s’amplifier.
Leurs noms est connu de tous : Total, Danone, France Telecom, l’ensemble des groupes bancaires etc.  font la une de l’actualité économique.

De l’autre côté, face à ces 40 entreprises qui figurent dans l’indice de référence de la bourse de Paris et des 600 autres sociétés jouant le jeu de la transparence financière pour encaisser les dividendes de la notoriété, environ 2,4 millions autres entreprises.

Parmi elles :
2,3 millions de très petites entreprises de moins de 20 salariés (96%).
80 000 entreprises dont l’effectif est compris entre 20 et 249 salariés.
5000 entreprises de plus de 250 salariés.
Et pour l’ensemble d’elles, un quotidien, des difficultés et des contraintes qui n’ont rien à voir avec cette aristocratie du CAC 40.

La raison principale de ce fossé entre ces deux type d’entreprenariat semble le suivant :
Depuis très longtemps les dirigeant français ont cherché à mettre en avant de grands acteurs, capables d’être à la fois des partenaires solides pour l’état et des conquérants des marché extérieurs.
Les nationalisations ont été une étape majeure dans la favorisation de ces grands groupes.
Plus récemment on peut citer la création de l’Agence pour l’innovation industrielle, qui a pour fonction d’aider les entreprises réalisant au moins 1 milliards d’euros de chiffre d’affaire…

Face à ces grands groupes largement soutenus par l’état, le monde des TPE-PME qui n’arrivent pas à grandir.
Ces sociétés, crées et détenues par des actionnaires familiaux, rechignent à sacrifier une partie de leur indépendance pour se procurer des capitaux supplémentaires.
On estime que 70% d’entre elles renoncent à exporter pour des raisons de coûts.
Sans financement supplémentaire, sans recourt à l’export, et sans innovation, comment peuvent-elles dès lors grandir ?

Sans une aide qui permettait à ces PME de se voir attribuer une part des marchés publics, le fossé entre ces deux France de l’entreprenariat risque fort de se creuser de plus en plus.
Le CAC 40 se prive en plus d’une réserve de grosses PME telle que dispose l’Allemagne ou l’Italie, d’où l’énorme responsabilité confiée à nos "majors".
Enfin, ces deux catégories complètement différentes d’entreprises, entraînent bien entendu la création de deux sortes distinctes de patrons, mais aussi deux sortes de salariés.

Publié dans Coups de gueule

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