La France ignore et décourage les Business Angels

Publié le par Patrice

Le problème majeur pour les gazelles, c’est que nous avons très peu d’investisseurs providentiels en France.
Aux Etats-Unis ils sont 500 000, en Angleterre 50 000, en France entre 3000 et 4000.

L’Etat français s’évertue à créer des Fonds d’investissement à risque ou des Fonds Communs de Placement pour l’Innovation, à grands renforts d’avantages fiscaux, alors que nous avons vu que ces derniers étaient soit trop fragiles, soit qu’ils ne s’intéressaient pas aux projets de création d’entreprises.

Ainsi 500 millions d’euros ont été attribués au FCPI et 5 milliards d’euros ont été investis par les Fonds de Capital Risque, alors que ces derniers ne bénéficient pas des incitations fiscales.
Ces montants sont équivalents aux fonds collectés par les Fonds de Capital Risque anglais et sont nettement supérieurs à ceux des américains.
Ces institutions n’ont donc nul besoin de soutien financier pour porter des projets.

Rappelons que pendant la phase initiale de création d’entreprise, seuls les BA peuvent fournir les 50 000 à 1 million d’euros nécessaires.
Ces derniers, qui n’ont pas besoin d’obtenir l’approbation d’un conseil d’administration ni de faire appel à des procédures complexes et longues en terme de calcul du risque, ont permis par exemple de lancer des entreprises telles que Ford, Edison, Citroën en leur temps…
Deux trois ans après ce premier coup de pouce, ces entreprises ont ensuite pu faire appel aux Fonds de Capital Risque et ont prises une ampleur nationale.

Aujourd’hui, les quelques 4000 BA français investissent environ 280 millions d’euros par an pour les jeunes sociétés françaises, alors que les 50 000 BA anglais investissent pour leur part 7 milliards d’euros.

On estime que sur 270 000 personnes assujetties à l’ISF en France, environ 120 000 ont un patrimoine suffisant pour devenir Business Angel.
Le potentiel de BA français existe donc, mais nous ne les encourageons pas, bien au contraire.
Pour investir son patrimoine dans une entreprise en démarrage, il faut soit s’appeler Richard Branson, patron de Virgin, et donc être fou du risque, soit y être fortement incité.
Les Etats Unis ont par exemple développés des méthodes très agressives pour pousser les BA à investir, en proposant des entreprises très souples fiscalement (les Sub S).

En conclusion, si vous avez un potentiel de développement d’entreprises au Etats-Unis, vous bénéficiez d’un statut privilégié d’investisseur providentiel.
En France vous êtes taxés sur l’ISF…

L’analyse de la relation ISF et Business Angels sera la prochaine étude.

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