Nouvelles difficultés pour le Cesu

Publié le par Patrice

C’est aujourd’hui au tour de l’Observatoire des Caisses d’Epargne de présenter leur rapport sur le développement des services à la personne.

Déjà deux articles sont consacrés aux nouvelles difficultés du Cesu ("Chèque emploi service universel : premiers déboires du plan Borloo ?") et aux problèmes de valorisation de ces métiers ("Services à la personne : revaloriser l’image de ces métiers").

Selon cette dernière étude, il semblerait donc que d'autres obstacles aient été relevés, notamment le coût de ces prestations, une organisation du secteur et des formations encore balbutiante et surtout la très faible mobilisation des entreprises pour ce nouveau Cesu.

En terme de chiffres, ce rapport précise qu’actuellement 6 millions de foyers font appels à ces services, avec le recours au travail au noir dans au moins 50% des cas.

Les raisons principales de l’utilisation des services à la personne sont le manque de temps, le manque d’expérience, et plus légèrement le manque d’envie de les réaliser soi même.

Les perspectives de ce développement prévoient une hausse des dépenses dans ce domaine de 5 milliards d’euros avec pour objectifs un marché de quelques 12 milliards d’euros dans les 7 ans.
Ces données ne prennent pas en compte les dépenses supplémentaires en terme d’assistantes maternelles et de services directement liées à la perte d’autonomie. 3 milliards d’euros de dépenses supplémentaires seraient prévues.

Ces perspectives peuvent faire rêver plus d’une employé ou employeur devant le contexte actuel de l‘emploi.

Au chapitre donc des cartons rouges pour le développement de ces services, la mobilisation des entreprises.
Ces dernières semblent en effet marcher à reculons en ce qui concerne l’adoption du Cesu (Chèque Emploi Services Universel) proposé par le plan Borloo et destiné à favoriser ces services.
Selon ce rapport, seulement 8% des entreprises interrogées seraient prêtes à proposer ce Cesu à leurs salariés.
Rappelons que ce Cesu pourrait être utilisé, au même titre que les tickets restaurants pour déjeuner, pour régler une prestation de service.
Avec les entreprises de plus de 500 personnes, la proportion augmente mais reste néanmoins limitée à 15%.

Alors que 8 salariés sur 10 semblent exprimer une volonté de souscrire au Cesu si l’employeur en finance 20%, le contraste entre le monde des employés et celui des ressources humaines semble toujours plus important.

Au delà des autres difficultés déjà relevées envers le développement des services à la personne, il reste donc à persuader que ce nouveau Cesu est avant tout un outil de motivation, de gestion du stress, de lutte contre l’absentéisme et de communication positive plutôt qu’un simple allégement financier…

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